Département 06 Département06 Le mag'#17 - Eté 2022

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Page 28 : Département06 Le mag'#17 - Eté 2022

Violences physiques, psychologiques, négligences… l’ADRET recueille et traite les signalements de mineurs en danger, avant de les orienter vers les services compétents. Une antenne départementale essentielle pour lutter contre la maltraitance de l’enfance. En ce début d’après-midi, la journée bat son plein à l’Antenne Départementale de Recueil, d'Evaluation et de Traitement des informations préoccupantes. C’est ici, dans ce service situé sur le site du CADAM à Nice que sont centralisés tous les signalements d’enfants en danger dans les Alpes-Maritimes. « Nous avons traité 6 700 informations l’an dernier, 35 par jour en moyenne, un chiffre considérable lorsque l’on sait que les écoles sont restées fermées pendant trois mois », confie Lelia Vecchini, responsable de l’ADRET. Tout au long de la semaine, du lundi au vendredi, 12 agents de l’Adret s’affairent à collecter, trier et analyser les alertes portant sur des mineurs de moins de 18 ans, victimes de violences psychologiques, physiques ou sexuelles et/ou en voie de radicalisation. Une mission sensible de prévention et de lutte contre la maltraitance, qui se déroule selon un protocole bien établi. Chaque alerte est d’abord reçue et enregistrée par le secrétariat avant d’être communiquée à l’une des trois travailleuses sociales de l’équipe. « On recherche des infos complémentaires, en vérifiant sur notre logiciel métier si la famille a déjà eu recours, par exemple, à une aide sociale à l’enfance ou une aide financière », précise Muriel Nadolny, adjointe à la responsable. Pour collecter un maximum de données, de multiples échanges sont mis en place en parallèle avec les différents partenaires, police et gendarmerie, éducation nationale, associations, établissements médicaux et hospitaliers, parquets (Nice et Grasse), et, si nécessaire, des services sociaux d’autres départements ou à l’international. Un véritable travail de réseau pour sécuriser au maximum le dispositif. « Car la moindre erreur peut être fatale », insiste Lelia Vecchini. Evaluer l’urgence L’information est ensuite qualifiée selon son degré de gravité : sans objet, simple, préoccupante -la plus courante-, ou signalement, pour des faits pouvant revêtir un caractère pénal. Différentes mesures d’accompagnement peuvent être dès lors instaurées en fonction des besoins. A 13 ans, Nora* a déjà été internée en psychiatrie, et présente de multiples troubles du comportement. Une Aide éducative à domicile (AED), portée par la Maison des Solidarités Départementales, a été mandatée pour intervenir au sein de sa famille, et l’accompagner dans les difficultés rencontrées au quotidien. Signalée par un établissement hospitalier, Héléna, 17 ans, dénonce des faits de violence de la part de son beau-père. Après analyse de sa situation, son cas est évalué préoccupant. « La famille entière sera soumise à une évaluation durant trois mois par une équipe de travailleurs sociaux pluridisciplinaire », explique Muriel Nadolny.